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Le Doris Hamlin, toutes voiles dehors, dans la baie de Chesapeake au départ de l’Expédition cinématographique des Caraïbes avec Ron Hubbard (en encart) comme directeur.



     Il faut reconnaître que le plan était audacieux. Ron lui-même le décrivait comme tel et il mentionna une douzaine de détails assez épineux — depuis la location de caméras 35mm pour la séquence d’actualités jusqu’à l’achat des provisions. (Parmi d’autres mésaventures, Ron racontait l’histoire d’un étudiant enthousiaste mais infortuné qui avait acheté mille caisses de bouteilles de ketchup au lieu des mille tomates demandées, tandis qu’un autre avait fait exploser les réservoirs d’eau en bouchant les trous d’aération.) Ensuite il y eut le bateau lui-même — le Doris Hamlin, qui mesurait 70 mètres de long et qui puait encore de sa précédente cargaison (du bétail). On s’en souvenait vaguement dans les cercles nautiques parce qu’il avait dérivé davantage de sa trajectoire que tout autre navire dans les annales de la marine. Finalement, il y eut la maladie de dernière minute de l’explorateur Philip Browning, co-directeur de l’expédition, qui laissa Ron sans son équipement cinématographique et avec le fardeau entier sur les épaules.

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     Les premiers milles furent également éprouvants dû aux vents soufflant si fort de la Baie de Chesapeake qu’ils déchiraient les voiles, et dû également à d’importantes fuites dans les réservoirs d’eau. Puis des difficultés survinrent avec le cuisinier indigène qui nécessitait l’intervention de Ron dans la coquerie, tandis que l’austère Capitaine Garfield ne faisait pas honneur à sa réputation de Capitaine Courage ; en outre, Ron fut obligé de donner un coup de main à la barre et aux cartes, et ultérieurement, ses notes allaient s’ajouter aux guides côtiers des Petites Antilles. Finalement, dans une lettre révélatrice en provenance des Bermudes, où onze membres de l’équipe abandonnèrent l’expédition, on pouvait lire les commentaires de Ron sur la viande avariée, les marées contraires et des finances aussi fragiles et effilochées que les voiles du Hamlin.

     « Un malheur n’arrive jamais seul » dit Ron en plaisantant à Porto Rico ; ils parlaient des frais de remorquage et des taxes portuaires qui n’étaient pas prévus. Garfield avait déchiré à la fois la misaine et le clin foc, ce qui avait de fait mis fin au voyage du Hamlin en le laissant avec un tas de haillons en guise de voiles. En conclusion, cependant, Ron parla aussi de pêche aux barracudas dans la mer des Sargasses, de sillonner le superbe détroit de Vieques à la recherche de spécimens de coraux et, surtout, de l’ascension de la gueule brûlante de la Montagne Pelée, offrant un panorama photographique exceptionnel.

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On hisse les voiles dans l’Atlantique.

     D’après l’histoire, la Montagne Pelée s’était vraiment révélée être un volcan des plus virulents. La dernière éruption en 1902 avait détruit totalement la ville de Saint-Pierre tuant quelque trente mille habitants. Par ailleurs, on ne saurait mieux dire que Ron Hubbard lui-même dans une émission radiophonique de 1935 : 

     « J’étais en Martinique, cette île noire et morose, et je voulais jeter un œil sur le virulent Pelée, aujourd’hui un pic fumant de colère qui obscurcit le bleu tranquille de la mer des Caraïbes. De temps en temps, il crache de la roche en fusion et essaie de recréer le passé. Il n’est qu’à moitié éveillé, mais on ne sait jamais quand il explosera de nouveau.

     « Pelée me fascinait, et, un après-midi, j’allai à Saint-Pierre pour l’escalader. Personne ne m’avait prévenu que le volcan était bien plus loin qu’il n’en avait l’air et que l’obscurité me rattraperait. Ni que la lave dévalait les pentes. Par pure ignorance, j’ai commencé l’escalade.

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Ci-dessus deux voies d’accès à la Montagne Pelée, le volcan de la Martinique.

     « La nuit était presque tombée quand j’atteignis le sommet. Mes chaussures étaient carbonisées. J’avais posé mes chaussettes sur un rocher pour les faire sécher et le rocher les avait complètement brûlées. J’étais trempé à cause des pluies soudaines et je suffoquais à moitié à cause des émanations. Il faisait nuit quand j’ai commencé à descendre et Pelée décida de me jouer un tour.

     « D’énormes rocs rougeoyants, de plusieurs tonnes, commencèrent à dégringoler les pentes dans un bruit de tonnerre. Il fallait que je les esquive au plus vite pour ne pas me faire déchiqueter. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai échappé belle ! Le ciel reflétait le rouge terne du cratère. Des étincelles jaillissaient des rochers rebondissants. Les roches vibraient de chaleur tout autour de moi. J’étais arrivé sain et sauf, mais j’avais l’air et l’impression d’avoir séjourné aux enfers. »

     Que pourrait-on dire d’autre à propos de l’Expédition cinématographique des Caraïbes? Les photos de Montagne Pelée furent finalement achetées par le New York Times  ; les spécimens de coraux du détroit de Vieques finirent par être acquis par le National Museum ; et même une cinquantaine d’années plus tard, ceux qui avaient navigué avec L. Ron Hubbard en 1932 continuaient de parler de ce voyage comme de la grande aventure à la pointe de leur jeunesse.

Pour voir plus de photos de l’expédition

L’Expédition caribéenne Continu...



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