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Avec son ami Phil « Flip » Browning (à droite) à l’aérodrome du Congrès à Washington, avant de partir pour Port Huron dans le Michigan où commencerait leur aventure d’acrobaties aériennes dans le Middle West. n août dernier, mon ami Phil Browning (alias « Flip ») et moi-même nous sommes rendus compte que nous avions trois semaines de temps libre sur les bras avant de devoir reprendre le collier à l’université. Nos ressources étaient un biplan Arrow Sport (double cockpit, moteur LeBlond 60 chevaux), deux brosses à dents et quatre pieds qui nous démangeaient. Nous avions déjà battu la campagne en quête d’aventure avec un modèle T — un vieil exploit — et après avoir cogité quelques heures, nous décidions que nous avions un nouveau tempo pour une vieille rengaine. Nous avons soigneusement fait nos « bagages », jeté l’extincteur pour gagner un demi-cheval-vapeur, rafistolé un trou dans l’aile supérieure et commencé à survoler quatre ou cinq états avec le vent comme seul compas. Nous n’avions aucune idée de ce que nous pourrions rencontrer, mais nous savions que notre avion « modèle T » nous tirerait d’affaire, et nous pouvions dormir sur nos deux oreilles.
Notre première idée avait été de fuir le monde, mais nous n’avions pas compté sur la curiosité bienveillante du Middle West. Notre tout premier atterrissage dans la partie sud du Michigan nous confirma que nous faisions partie des curiosités. Nous avions repéré une jolie prairie verte et, comme le LeBlond avait commencé à bourdonner un peu trop longuement dans nos oreilles, nous avons atterri pour prendre un peu de repos et une bonne dose de calme. On ne nous a octroyé ni l’un ni l’autre. Avant même de toucher l’herbe, nous étions entourés d’une foule inquiète qui voulait savoir si oui ou non nous étions encore en vie. Pendant une heure, notre attention était monopolisée à surveiller continuellement l’hélice et à empêcher les pieds étrangers de monter sur la passerelle.
Chez nous, l’aviation était devenue monnaie courante, nous avions donc du mal à comprendre toute cette curiosité et cette abondance de questions. Flip s’épuisa à expliquer toutes les fonctions des pièces et finalement, par auto-défense, nous avons fait tourner l’hélice et avons continué notre périple résignés à l’idée qu’après tout, l’aviation était encore une attraction pour certains. ![]()
Pendant les deux semaines suivantes, nous n’avons pris de repos que là-haut dans la petite « boîte » à deux places. Notre temps sur la terra ferma fut principalement passé à préserver le précieux Sparrow de dommages inconsidérés, à expliquer pourquoi les avions volaient et à refuser les invitations « à nous sentir comme chez nous ». L’hospitalité était offerte sous toutes ses formes et si quiconque pense que l’ère de la machine moderne a tué notre gentillesse et notre camaraderie américaines, faites-leur faire la tournée des arrière-cours du Middle West. Nous n’avons passé qu’une nuit à l’hôtel, et encore parce que nous avions atterri en plein orage après la tombée de la nuit. Le repas offert aurait fait honneur au Waldorf-Astoria. Au début du voyage, nous étions quelque peu sceptiques des capacités de notre appareil, mais quand, après bien des fois, il nous a tiré d’affaire de petits champs boueux, nous avons acquis la certitude que les ailes oranges et les roues largement espacées étaient capables de tout. Son aptitude à faire des girations au sol à 90 km/h nous évita de caresser plus d’une clôture. Bien qu’une fois en l’air son ascension fut lente, il était très rapide à chaque fois que nous le faisions monter en chandelle pour sortir des champs de maïs afin d’éviter les arbres.
A Newport en Indiana, nous avons atterri pour nous ravitailler en carburant, mais à la seconde où nos roues ont touché l’herbe, nous avons plongé de trente centimètres et nous nous sommes arrêtés sans rouler sur six mètres. Nous nous attendions à piquer du nez, mais le Sparrow serra les dents et sa queue toucha terre. Nous avons pris du carburant — seulement vingt litres, pour gagner du poids — puis nous avons utilisé la moitié de celui-ci à essayer de décoller. Bien que le champ ait été long d’un kilomètre et demi, nous avons rasé l’herbe tout du long sans nous élever d’un pouce. L’hélice a pratiquement fini la moisson en décapitant la récolte et en faisant le bruit d’un « quartet » de mitrailleuses.
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La frousse des vents arrière Continu...
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