Presque tous les pilotes ont entendu dire que les vaches adorent brouter le revêtement des ailes et même le tissu. Flip et moi avions rangé cela dans la même catégorie que les autres histoires à dormir debout de l’aviation. A Andersonville (j’ai oublié quel état) — jusqu’où nous avions volé pour trouver de la bière que nous n’avons pas trouvée, et dont nous n’aurions pas voulu de toute façon — nous sommes allés trop loin et en atterrissant, nous avons fait une giration trop rapide pour éviter une clôture. Un pneu se dégonfla. Pendant que nous le regonflions, l’autre s’affaissa. Puis le premier refusa de rester gonflé et le soir, nous étions coincés dans un pré à vaches. Un fermier a amené plusieurs vaches dans le champ, et bien qu’elles n’aient jamais vu d’avion auparavant, elles se sont précipitées et ont commencé à lécher le tissu avec extase. Nous avons passé les quelques minutes qui ont suivi à essayer de les tenir à l’écart jusqu’à ce que le fermier perplexe arrive et les remmène. Désormais, nous allons arrêter de faire les malins autour des hangars.
Nous avons été témoins d’une scène qui restera très, très longtemps dans ma mémoire. C’était le soir et le soleil s’était presque couché. Les nuages nous entouraient, juste au-dessus de l’horizon, et leur partie supérieure était si régulière qu’ils formaient un rideau noir, circulaire et continu et qu’ils semblaient, tout en étant à des kilomètres de là, nous regarder en fronçant les sourcils, tout en se rapprochant de nous peu à peu. Nous volions à 1 000 mètres, et bien que nous nous déplacions à 150 km/h,
il nous semblait nous être arrêtés dans les vestiges d’un monde étrange. En bas, le sol était strié de longues ombres projetées par les arbres et les maisons, tout petits sur un terrain vallonné. Au-dessus des nuages, à partir d’une ligne très nette, le ciel était d’un bleu magnifique, parsemé ici et là d’étoiles dorées à peine visibles. Pendant une heure, nous avons continué en vrombissant, le LeBlond semblant minuscule au sein de toute cette étendue. Finalement, j’ai regardé derrière nous, et là, au-dessus de ce rideau noir, sont apparues trois touffes d’un rouge ardent qui semblaient flamboyer. J’ai poussé Flip. Il a contemplé les nuages et cherché immédiatement un champ où atterrir. Trop c’était trop. Nous étions restés là-haut tellement longtemps dans cette grandeur que nous avions presque cessé d’exister en tant que terriens. Nous avons tourné et tourné au-dessus d’un immense champ de chaume, essayant de revenir sur terre. Finalement notre sens de la dimension nous est revenu et nous avons posé le Sparrow.
![]()
Le carnet de bord de Ron fait état non seulement de ses acrobaties aériennes dans trois états, mais aussi de son premier vol officiel en solo le 30 août 1931. Quoi qu’il en soit, en dépit de toutes nos aventures, nous avons démontré trois ou quatre choses (il faut toujours démontrer quelque chose avec un vol) : les avions légers sont pratiques quand il ne s’agit que de traverser le pays ; un pilote n’a pas à suivre les lignes aériennes et à vider son porte-monnaie pour des frais de parking — il peut s’en sortir tout aussi bien en essayant ces acrobaties dans les arrière-cours du coin ; et faire de l’avion pour le plaisir n’est pas à moitié aussi dangereux que les sceptiques veulent le croire, c’est deux fois plus drôle que de n’importe quelle autre façon.
Les pilotes sportifs n’ont pas besoin de limiter leurs vols à leurs propres arrière-cours.
Plus on visitera les Etats-Unis d’une manière non-conventionnelle, et le plus vite l’aviation trouvera sa place dans le cur du gars sur les chemins écartés. Et on dit que le romantisme est mort !
![]()
| Précédente | Glossaire de termes de Scientologie | Sommaire | Suivante |
| Sondage sur ce site de Scientologie | Sites concernant la Scientologie | Librairie | Page de Garde |
info@scientology.netL. Ron Hubbard Der Abenteurer |L. Ron Hubbard , Adventurer/Explorer |L. Ronald Hubbard El aventurero y explorador |© 1996-2004 Église de Scientologie International. Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés.