Ron Hubbard porta ce drapeau pour la première fois à bord d’un ketch de 10 mètres lors de son Expédition d’expérimentation radio en Alaska en 1940 [voir RON l’Expert navigateur : Yachtman]. Comme le sous-entend son intitulé, le voyage était organisé pour tester un nouvel appareil de radionavigation, entre le fjord de Puget Sound et la région sud de l’Alaska, et en fait, il a joué un rôle qui est loin d’être insignifiant dans le développement du système LORAN (LOng RAnge Navigation — navigation à longue distance). Ce voyage de trois mille cinq cent kilomètres a permis à Ron de retracer la carte d’un passage intérieur particulièrement traître, pour le compte du bureau hydrographique de la Marine des Etats-Unis et de faire une étude ethnologique des indigènes aléoutes et haïdas. Pour en dire plus sur ce dernier point, on pourrait noter que Ron fut l’un des premiers après Franz Boaz à étudier l’héritage mythologique des tribus indiennes de la côte nord et qu’il était surtout connu dans les milieux d’explorateurs en tant qu’ethnologue. Moins bien connues, mais tout aussi dignes d’être mentionnées, étaient les finalités moins officielles du voyage pour le compte de la Marine des Etats-Unis. En particulier, Ron devait photographier toutes les criques et les canaux susceptibles d’abriter des sous-marins ennemis, et de là, parvenir jusqu’aux îles Kouriles pour photographier des navires de guerre japonais. En cours de chemin, non seulement il a capturé un espion ennemi et pris au lasso un ours Kodiak, mais il a aussi bravé, au large des Aléoutiennes, des vents de 110 km/h et des mers à la mesure de ces vents — d’où l’état de lambeaux de son premier drapeau du Club des Explorateurs, le numéro 105.
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Le capitaine Ron Hubbard à Ketchikan en Alaska. Son expédition d’expérimentation radio en Alaska n’était que la première des trois à arborer le drapeau du Club des Explorateurs. Il existe pourtant un côté plus léger à la grande exploration (mais peut-être moins léger sur l’estomac). En guise de décor, répétons que les banquets du Club des Explorateurs sont uniques en leur genre. Décrits traditionnellement sous le nom de Dîners Safari, les plats principaux ont tendance à aller du véritable exotique au franchement bizarre. En plus de ces steaks de mammouth exhumés de glaciers des premiers âges, les salades, par exemple, incluaient, disait-on, de l’herbe non digérée, trouvée dans l’estomac du mammouth. Puis il y eut les « Haricots Peggy » du sénateur des Etats-Unis au franc-parler, Barry Goldwater, les « Muffins » et le « Pain de Jambon » de l’astronaute américain John Glenn, suivis par les gâteaux de sauterelles, la lamproie à la casserole et la soupe de frelons pour ne nommer que quelques-unes des entrées raffinées trouvées dans Le Livre de cuisine des explorateurs : un pot-pourri international de recettes et de récits des explorateurs du monde.
Le texte est en soi plus ou moins explicatif. Ecrit par « Des hommes qui vivent des émotions fortes et de grandes aventures dont la plupart d’entre nous ne font que rêver », peut-on lire dans l’introduction : « Voici le « livre de cuisine » le moins conformiste jamais publié... un pot-pourri international par et au sujet des membres du Club des Explorateurs, connu et renommé dans le monde entier. » Tandis qu’en guise de démenti, les rédacteurs se sentirent obligés d’ajouter :
« De nombreux livres de cuisine sont préfacés de déclarations revendiquant des tests de laboratoires, des tests en cuisine familiale, des mesures standard et tout le bataclan. Pas ce livre-là !
« Bien sûr, nous avons trouvé bien des recettes tellement appétissantes que nous pouvions à peine attendre de les préparer pour “les essayer à la maison”. Mais, comme les explorateurs en situation de survie sont réputés pour manger quasiment n’importe quoi, nous ne recommandons certaines de ces recettes qu’à une personne à l’esprit vraiment aventureux, au cur bien accroché et à l’estomac solide et qui puisse elle-même tester et goûter. »
Que Ron ait ou non vraiment goûté et testé les recettes qu’il a lui-même proposées est une question que le lecteur doit résoudre lui-même. Mais quoi qu’il en soit, le conseil du Club des Explorateurs demeure : ce n’est pas du flan et c’est seulement pour ceux qui ont l’esprit aventureux et l’estomac qui va avec. De ses divers voyages aux Caraïbes, il a ramené le « rôti d’iguane » servi sur une large feuille, de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée, où il allait mener une autre expédition, on trouve la tête de mouton carbonisée (avec les yeux), et les petits escargots blancs à la réglisse. Egalement incluse ici se trouve l’introduction personnelle de Ron : « Bon appétit ».
Recettes pour l’Aventure Continu...
(Boubbouche)



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